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Alternatives Non-Violentes

Fondée en 1973, la revue Alternatives Non-Violentes a pour objectif de comprendre les mécanismes de la violence individuelle et collective, approfondir les fondements historiques, culturels, psychologiques et politiques de la non-violence ; connaître les actions non-violentes en France et à l'étranger.
Alternatives non-violentes est publiée quatre fois par an. Des auteurs de renom y apportent leur contribution : chercheurs, universitaires, mais aussi acteurs sociaux de terrain.
L'association a par ailleurs publié l'affiche « Les 100 dates de la non-violence au XXe siècle ».

ANV - Revue Alternatives Non-Violentes a reçu en 2009 une subvention de 5000 € de la Fondation « Un Monde Par Tous ", soutien indispensable pour garantir l’avenir du journal, qui représente la principale revue de recherche sur la non-violence en France, tirée à 1500 exemplaires. Quatre numéros par an – un petit millier d'abonnés payants + des ventes au numéro.
Responsable : François Vaillant, rédacteur en chef.


Le numéro 152 d'ANV est sorti: La non-violence en Afrique
Le numéro 152 de la revue ANVLe suivi de ces correspondances révèle un phénomène très palpable : une non-violence africaine se déploie actuellement en Afrique. La grande presse européenne, à ma connaissance, n’a jamais évoqué ce phénomène. Le surgissement de ces innombrables associations pour la non-violence est tout simplement inouï ; certaines travaillent très concrètement pour une éducation à la non-violence, d’autres engagent des luttes sociales et politiques impressionnantes. Il existe actuellement plus d’associations pour la non-violence en Afrique qu’en Europe. Leurs moyens sont fragiles, mais la volonté, la probité et l’ardeur de leurs acteurs soulèvent l’estime. Des amis ont dit à l’équipe d’ANV qui préparait ce numéro : « Méfiez-vous des Africains, ils cherchent avant tout à venir en France et à vous soutirer de l’argent ». C’est quelquefois exact, mais combien il est honteux de professer un jugement aussi globalisant ! Nous n’avons rencontré que des associations qui cherchent à mieux se faire connaître, sans arrière-pensée.

Une forme de non-violence est née en Afrique. Elle participe à ré-humaniser des sociétés, à réguler des conflits locaux, à inventer une éducation africaine respectueuse de chacun – à commencer par les femmes. La non-violence en Afrique ne ressemble pas à une lame de fond, mais déjà de nombreux ruisseaux irriguent des écoles et d’autres institutions, notamment des Églises locales. Un détail ne trompe pas : des responsables d’Églises catholique et protestantes, malgré des intégristes comme il en existe partout, prennent au sérieux le propos du prophète de Galilée qui enseigne dans l’Évangile l’amour des ennemis. Il ne serait pas étonnant que la non-violence dans l’Évangile soit enfin prise au sérieux dans les églises et les temples d’Europe, grâce à la spiritualité et la théologie africaines quand elles y seront enfin connues.

Combien il est encourageant que la non-violence en Afrique trace ses propre sillons, y jetant ses semailles d’avenir, à sa façon, pour combattre avec dignité les violences et les injustices qui sont celles de là-bas. Il est vrai que l’éclosion des associations africaines engagées en non-violence doivent parfois beaucoup à des rencontres avec des Français : Jean Goss et Jean Van Lierde, dans les années 60-80, puis avec François Jourdan, et plus récemment Alfred Bour, Maria Biedrawa et Jean-Marie Muller, notamment. Mais ceux-ci ont toujours compris qu’il convenait de s’effacer rapidement pour que grandisse une non-violence typiquement africaine. La non-violence en Afrique s’inspire avant tout de Gandhi, lequel mena ses premiers combats pour la justice en Afrique du Sud, puis de Martin Luther King et de Desmond Tutu. Cette non-violence s’est souvent déployée grâce à des Africains chrétiens, elle devient depuis quelques années aussi le fait d’Africains musulmans ou adeptes des croyances animistes locales. Ce numéro d’ANV le montre, compte tenu qu’il n’aborde que la non-violence vécue dans des pays francophones. Il faut bien commencer par un bout, tant l’Afrique est grande ! [1]

L’Afrique va mal. Elle est bloquée parce que la décolonisation n’a pas modifié fondamentalement des comportements politiques issus du colonialisme. De plus, le Nord continue à la piller, en exploitant ses mines et ses gisements de pétrole, en lui imposant, via l’OMC, un modèle économique, suscitant des cultures sur de grands espaces et des comportements agroalimentaires qui ne sont pas ceux de l’homme africain. Il en résulte une inquiétante dégradation des relations humaines et une pollution de l’environnement, le tout entraînant d’innombrables déséquilibres sociaux. La Françafrique [2] continue à empêcher une auto-régulation des ressources là où elle opère avec ses multinationales. L’arrivée d’entreprises chinoises ces dernières années ne fait qu’aggraver ce qu’il est convenu d’appeler le néo-colonialisme. La non-violence a maintenant rendez-vous avec l’histoire de l’Afrique, c’est même la chance et l’espoir de ce continent.

Prix: 15 € port compris. A commander à l'adresse ci-dessous

ANV
Centre 308
82 rue Jeanne d'Arc
76000 Rouen
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www.alternatives-non-violentes.org

 

 

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